Un peu d’histoire …

Le chant grégorien doit son nom à Saint Grégoire (Grégoire 1er) pape de 590à 602, et grande figure de référence du monde chrétien; mais c’est un nom donné tardivement (9ème siècle).

Saint Grégoire

Le chant liturgique chrétien s’est élaboré et développé dès les premiers siècles du christianisme, et a pris très vite une certaine ampleur au 4ème siècle avec la reconnaissance par l’empereur Constantin de cette nouvelle religion.

Chaque région commencera à célébrer la liturgie dans sa propre langue; cela s’est conservé de nos jours dans les liturgies du Moyen Orient.

Dans l’Occident méditerranéen, après deux siècles de liturgie en langue grecque (dont il reste encore quelques pièces aujourd’hui, tel le « Kyrie Eleison »), on adoptera progressivement le latin. Chaque région de l’Occident chrétien commença par élaborer son répertoire de chant sacré : une seule langue, mais des textes et des musiques différents. Ont ainsi existé, un chant « bénéventain » pour le sud de l’Italie, un chant « romain », un chant « milanais » (ou ambrosien) pour le nord de l’Italie, un chant « hispanique », un (ou plusieurs ?) chant gallican sur les terres de la Gaule romaine.

A 8ème siècle, un rapprochement entre Pépin le Bref, nouveau souverain franc, et le pape Etienne II, va conduire à un remaniement important de la liturgie et de ses chants d’accompagnement. Le résultat, pour le chant, sera un « métissage » entre les chants romain et gallican, qui pourrait porter le nom de chant « romano-franc ». C’est le chant grégorien que nous connaissons aujourd’hui.

Tous ces répertoires se sont élaborés et transmis dans une tradition purement orale : on ne savait pas écrire la musique à ces époques. Les premiers signes « neumatiques » indiquant la mélodie n’apparaitront qu’à la fin du 9ème siècle. La portée à quatre lignes avec ses notes carrées que nous connaissons sera mise au point par Guy d’Arezzo au 11ème siècle.

Le chant grégorien, c’est la « Parole qui chante« , cette « Parole » contenue dans l’Ancien et le Nouveau Testament; toutes les pièces du répertoire y puisent leurs textes, ou s’en inspirent largement. Il est né du texte latin, d’abord par la récitation, puis la cantillation et la psalmodie, pour arriver à des mélodies plus élaborées. C’est donc une véritable osmose qui va s’opérer durant tout ce temps entre la phrase latine et la musique. Le résultat, c’est cette unité, cette sérénité, ce climat indéfinissable, que tout un chacun peut éprouver à son écoute